Accueil / Plantes et Bien-Être / Plantes et confort hivernal : ce que l’herboristerie prête au sureau, au thym et au gingembre
Plantes et confort hivernal : ce que l’herboristerie prête au sureau, au thym et au gingembre
·
Quand l’hiver s’installe et que la gorge gratte, la tradition herboriste sort toujours les mêmes plantes : fleurs de sureau, thym, gingembre, mauve, réglisse. Voici quelles parties utiliser, sous quelle forme, combien de temps les laisser infuser, quel goût attendre — et surtout ce qui doit vous arrêter avant de préparer une tasse.
La plante phare de la saison : le sureau noir
Nom latin
Sambucus nigra
Famille
Adoxacées (anciennement Caprifoliacées)
Partie utilisée
Fleurs séchées surtout ; baies bien mûres et cuites pour les sirops
Formes d’emploi
Infusion, mélange de tisane, sirop, gelée
Saison de récolte
Fleurs de mai à juin ; baies de fin août à septembre
Goût
Floral, miellé, légèrement muscaté ; très doux, se marie au citron
Les plantes du placard à tisanes pour l’hiver
Ce qu’on leur prête
Aucune de ces plantes ne remplace un avis médical ni un traitement. Ce qui suit relève de l’usage traditionnel et des habitudes de l’herboristerie.
Les plantes de terrain, dites « de soutien »
Échinacée (Echinacea purpurea) : la naturopathie lui prête un rôle de soutien des défenses naturelles, en cures courtes à la mauvaise saison.
Thym (Thymus vulgaris) : les herboristes l’emploient traditionnellement en tisane du matin pour le confort de la gorge et des voies respiratoires.
Ginseng (Panax ginseng) : réputé tonique dans la tradition asiatique, il est conseillé en naturopathie lors des périodes de fatigue passagère.
Les plantes de l’inconfort passager
Fleurs de sureau noir : l’herboristerie traditionnelle les classe parmi les plantes dites sudorifiques, employées dans les états fébriles et les frissons.
Achillée millefeuille (Achillea millefolium) : même usage traditionnel, souvent associée au sureau dans les mélanges anciens.
Gingembre (Zingiber officinale) : la tradition lui prête une action réchauffante, appréciée en cas de frissons et de courbatures.
Camomille romaine (Chamaemelum nobile) : réputée apaisante, elle est conseillée en infusion du soir quand le sommeil est agité.
Les plantes de la gorge et du nez
Mauve (Malva sylvestris) : ses mucilages lui valent une réputation adoucissante sur les muqueuses irritées et la toux sèche.
Réglisse (Glycyrrhiza glabra) : traditionnellement mâchée ou infusée pour le confort de la gorge, au goût très sucré.
Menthe poivrée (Mentha piperita) : on lui prête une sensation de dégagement du nez, par sa fraîcheur.
Eucalyptus (Eucalyptus globulus) : plante de référence des inhalations dans l’usage populaire, pour la sensation de respiration dégagée.
Écorce de saule blanc (Salix alba) : en herboristerie traditionnelle, on l’employait en décoction lors des états fébriles avec courbatures.
Plante
Partie et forme
Usage traditionnel attribué
Sureau noir
Fleurs, en infusion ou sirop
Plante des frissons et des états fébriles en herboristerie
Thym
Sommités fleuries, infusion ou inhalation
Confort de la gorge, réputation aromatique et assainissante
Échinacée
Racine ou parties aériennes, teinture
Soutien des défenses naturelles selon la naturopathie
Gingembre
Rhizome frais, décoction
Effet réchauffant prêté par la tradition
Mauve
Fleurs et feuilles, infusion tiède
Réputée adoucissante sur les muqueuses
Réglisse
Racine, infusion ou pastille
Confort de la gorge, goût naturellement sucré
Eucalyptus
Feuilles, inhalation humide
Sensation de respiration dégagée dans l’usage populaire
Saule blanc
Écorce, décoction
Employé autrefois lors des états fébriles avec courbatures
Camomille romaine
Capitules, infusion du soir
Réputée calmante, conseillée avant le coucher
Comment l’employer
L’infusion de base (fleurs, feuilles, sommités)
Compter 1 cuillère à soupe de plante sèche pour une grande tasse (250 ml) d’eau tout juste frémissante.
Couvrir impérativement et laisser infuser 10 minutes : le couvercle retient les arômes volatils du thym et du sureau.
Filtrer, puis sucrer d’une cuillère de miel si besoin, hors bouillon brûlant.
Moment : thym et échinacée plutôt le matin, sureau et achillée dans la journée, camomille et mauve le soir.
Deux à trois tasses réparties dans la journée correspondent à l’usage courant, sur quelques jours seulement.
La décoction (racines, écorces, rhizomes)
Racine de réglisse, écorce de saule, gingembre frais : ces parties dures demandent une cuisson, pas une simple infusion.
Mettre 1 cuillère à café de plante par tasse dans l’eau froide, porter à ébullition puis laisser frémir 10 à 15 minutes à couvert.
Laisser reposer 5 minutes, filtrer. Le goût est plus corsé : le citron et le miel l’équilibrent bien.
La classique du soir : quelques rondelles de gingembre frais mijotées, jus d’un demi-citron, miel à la fin.
Le mélange de tisane maison
À parts égales : fleurs de sureau, thym et mauve — une base douce et aromatique.
Prélever 1 cuillère à soupe du mélange par tasse, infuser 10 minutes à couvert.
Ajouter une pincée de gingembre râpé pour le côté réchauffant, ou une fleur de camomille pour la tasse du soir.
L’inhalation humide
Une poignée de feuilles d’eucalyptus ou de thym séché dans un bol d’eau très chaude, serviette sur la tête, 5 à 10 minutes, yeux fermés.
Avec des huiles essentielles, s’en tenir à quelques gouttes dans un bol : elles sont très concentrées et ne s’improvisent pas.
Rester au chaud une demi-heure après l’inhalation, sans sortir dans le froid.
L’usage interne des huiles essentielles (eucalyptus, menthe poivrée, ravintsara) ne se fait pas sans l’avis d’un professionnel formé en aromathérapie.
Tisane, miel et citron : la préparation la plus simple
Ce qu’il faut garder en tête sur les épisodes hivernaux
La contagion se fait par voie aérienne : tousser, éternuer ou postillonner suffit à contaminer les personnes présentes dans la même pièce, même à plus d’un mètre.
Les gestes simples restent les plus utiles : lavage régulier des mains, mouchoirs à usage unique, aération des pièces, distance en cas de symptômes.
Fièvre élevée, courbatures, maux de tête, toux sèche, gorge irritée, frissons, sensation de malaise profond : ces signes appartiennent au médecin, pas à la tisane.
Les personnes âgées, les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes fragilisées par une maladie chronique relèvent d’un suivi médical, sans automédication par les plantes.
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : couvrez toujours votre tasse pendant les 10 minutes d’infusion, sinon l’essentiel des arômes du thym et du sureau part avec la vapeur.
Les plantes peuvent-elles remplacer un avis médical ?
Non, jamais. Elles relèvent d’un savoir d’usage, destiné au confort de la vie quotidienne. En cas de fièvre élevée, d’essoufflement ou de personne fragile, c’est le médecin qui décide, et la tisane n’est qu’une boisson chaude de plus.
Faut-il une infusion ou une décoction ?
Tout dépend de la partie de la plante. Fleurs, feuilles et sommités fleuries s’infusent 10 minutes à couvert dans de l’eau frémissante. Racines, écorces et rhizomes — réglisse, saule, gingembre — demandent une décoction de 10 à 15 minutes à petit frémissement.
Quelle tisane pour le soir ?
La camomille romaine et la mauve sont les plus douces et les plus adaptées à la fin de journée. On les infuse 10 minutes, on filtre et on boit tiède, éventuellement avec un peu de miel. Le thym, le ginseng et le gingembre sont plutôt des plantes de matinée.
Comment conserver mes plantes séchées ?
Dans un bocal opaque ou un sachet kraft fermé, à l’abri de la lumière, de la chaleur et de l’humidité. Les fleurs perdent vite leur parfum : comptez un an au maximum. Si l’odeur a disparu au moment d’ouvrir le bocal, l’infusion n’aura plus grand intérêt gustatif.
Les huiles essentielles s’utilisent-elles comme les tisanes ?
Non, ce sont des produits très concentrés. En inhalation, quelques gouttes dans un bol d’eau chaude suffisent, cinq à dix minutes, yeux fermés. Toute prise par voie orale doit être encadrée par un professionnel formé, et elles sont à écarter chez l’enfant, la femme enceinte ou allaitante et les personnes asthmatiques.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
🌿 Cet article vous a plu ?
Jardin, animaux, recettes, nature & bien-être — chaque jour une nouvelle inspiration sur nos réseaux.
Suivez-nous
Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.