Rhubarbe : racine, tiges et confort digestif, ce que dit l’herboristerie
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Derrière les tartes acidulées se cache une plante de longue tradition : en herboristerie, ce n’est pas la tige mais la racine séchée de certaines rhubarbes d’Asie que l’on emploie, en décoction amère ou en poudre. Voici quelle partie utiliser, sous quelle forme, quel goût attendre — et surtout dans quels cas s’en abstenir, car la plante est puissante.
Carte d’identité de la plante
Nom latin
Rheum palmatum et Rheum officinale (herboristerie) ; Rheum rhabarbarum (potager)
Famille
Polygonacées
Partie utilisée
La racine séchée et vieillie en herboristerie ; les pétioles en cuisine. Jamais les feuilles.
Formes d’emploi
Décoction, poudre, gélules standardisées, lotion ou compresse en usage externe, cuisine (tiges)
Saison de récolte
Racines à l’automne, sur des pieds de plusieurs années ; pétioles du printemps au début de l’été
Originaire d’Asie centrale, la rhubarbe fait partie des plantes les plus anciennement employées dans la médecine traditionnelle chinoise et tibétaine.
Elle arrive en Europe au Moyen Âge comme plante d’herboristerie, bien avant d’entrer au potager.
Sa culture alimentaire, pour ses pétioles acidulés, est beaucoup plus tardive : c’est une plante médicinale devenue légume-fruit.
Les pétioles se mangent, les feuilles ne se consomment jamais
Ce qu’on lui prête
En herboristerie traditionnelle, la racine est réputée pour son action sur le transit : on la classe parmi les plantes dites laxatives stimulantes, en raison de ses anthraquinones.
La naturopathie lui prête un rôle opposé selon la quantité employée : à faible dose, ses tanins lui valent une réputation astringente, qu’on associe traditionnellement au confort intestinal lors d’épisodes de selles molles passagers.
Dans la médecine traditionnelle chinoise, la racine est employée depuis très longtemps parmi les plantes dites « dépuratives », en soutien des fonctions d’élimination.
Les herboristes la rangent aussi parmi les amers : on lui prête un effet de stimulation de la sécrétion biliaire, d’où son emploi traditionnel en cas de digestion lente, de lourdeur après un repas riche, de ballonnements ou d’appétit en berne.
En usage externe, la tradition l’a employée en lotion sur les peaux à tendance grasse et sur de petites irritations cutanées, pour son caractère astringent.
Ses polyphénols sont des antioxydants, ce qui lui vaut d’être citée parmi les plantes d’intérêt dans les approches naturopathiques.
Côté cuisine, les pétioles sont peu caloriques et riches en fibres : c’est à ce titre qu’on les recommande couramment dans une alimentation variée.
Comment l’employer
La décoction de racine
Compter une petite pincée de racine séchée coupée (l’équivalent d’une demi-cuillère à café rase) pour une tasse d’eau froide.
Porter à ébullition, puis laisser frémir une dizaine de minutes à couvert.
Filtrer soigneusement et boire la tasse tiède.
Moment : le soir pour l’usage traditionnel sur le transit, le matin ou avant le repas pour l’usage amer et digestif.
Le goût est très amer : une rondelle de citron, un peu de réglisse ou de gingembre l’adoucissent.
L’usage traditionnel veut que cette préparation reste ponctuelle, sur quelques jours au plus, jamais en habitude quotidienne prolongée.
La poudre et les gélules
La poudre de racine se prend délayée dans un peu d’eau ; son amertume est franche.
Les gélules standardisées vendues en herboristerie ou en pharmacie permettent un dosage maîtrisé : suivez la posologie indiquée par le fabricant ou les conseils d’un professionnel, sans jamais la dépasser.
En usage externe
Préparer une décoction plus concentrée, laisser refroidir complètement, puis filtrer deux fois.
Imbiber un coton ou une compresse et appliquer sur la zone, sans frotter.
Attention, la racine tache : elle colore le linge et transitoirement la peau.
En cuisine, avec les tiges
Éplucher les pétioles si les fils sont épais, les couper en tronçons, jeter systématiquement le limbe des feuilles.
Cuisson courte à la casserole avec un peu de sucre, ou au four en crumble et en tarte.
Version salée : tronçons de rhubarbe caramélisés au miel, en accompagnement d’un filet mignon de porc — l’acidité répond très bien à la viande.
Racine séchée portée à ébullition puis frémie 10 minutes, filtrée
Usage traditionnel sur le transit le soir, usage amer et digestif avant le repas
Poudre et gélules
Poudre délayée, ou gélules standardisées selon l’étiquette
Forme retenue par les herboristes quand on veut une quantité précise et maîtrisée
Lotion externe
Décoction concentrée refroidie, en compresse ou au coton
Emploi traditionnel sur peaux grasses et petites irritations, pour son astringence
Pétioles en cuisine
Compote, tarte, crumble, confiture, version salée au miel
Apport de fibres, d’acides organiques, de calcium et de magnésium ; goût acidulé
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : gardez les tiges pour la cuisine et réservez la racine à un usage ponctuel, jamais quotidien.
La rhubarbe des jardins a-t-elle les mêmes propriétés ?
Non. Les pétioles du potager sont intéressants sur le plan nutritionnel, riches en fibres, en acides organiques, en calcium et en magnésium, mais ils sont bien moins concentrés en composés actifs que les racines des espèces employées en herboristerie, Rheum palmatum et Rheum officinale. Ce sont deux usages différents de la même famille de plantes.
Peut-on utiliser les feuilles ?
Jamais. Les feuilles sont toxiques en raison de leur forte teneur en acide oxalique, et cela vaut aussi bien pour la cuisine que pour toute préparation à boire. On ne conserve que le pétiole, la partie charnue et acidulée, et on élimine tout le limbe vert.
La rhubarbe fait-elle maigrir ?
Non, ce n’est pas un produit minceur et il ne faut pas l’employer dans cette intention. La tradition lui prête une action sur le transit, ce qui ne signifie ni perte de graisse ni amaigrissement. Les tiges, peu caloriques et riches en fibres, ont simplement leur place dans une alimentation variée.
La rhubarbe provoque-t-elle des crampes ?
Seulement en cas de surdosage ou d’usage prolongé. Respecter les quantités d’usage courant et s’en tenir à un emploi ponctuel limite ce désagrément. Si des crampes apparaissent, on arrête la préparation.
Quel goût attendre d’une décoction de racine ?
Une amertume franche, terreuse, doublée d’une sensation astringente qui assèche la bouche. C’est normal et caractéristique de la plante. Une rondelle de citron, un morceau de gingembre ou un peu de réglisse rendent la tasse nettement plus agréable.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
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