Accueil / Plantes et Bien-Être / Un jardin-pharmacie en tisanes : sureau, thym, laurier, ortie et reine-des-prés
Un jardin-pharmacie en tisanes : sureau, thym, laurier, ortie et reine-des-prés
·
Sureau, thym, romarin, laurier, ortie, reine-des-prés : quelques plantes du jardin suffisent à garnir une boîte à tisanes. Cette fiche rassemble ce que l’herboristerie et la naturopathie leur prêtent, les parties à récolter, les quantités d’usage courant, les temps d’infusion et les précautions à connaître avant de mettre l’eau à chauffer.
La carte d’identité du jardin-pharmacie
Noms latins
Sambucus nigra (sureau noir), Filipendula ulmaria (reine-des-prés), Rubus fruticosus (ronce à mûres), Thymus vulgaris (thym), Rosmarinus officinalis (romarin), Laurus nobilis (laurier-sauce), Urtica dioica (ortie), Allium cepa (oignon)
Infusion, décoction, macération à froid, gargarisme, cuisine (laurier, thym, ortie)
Saisons de récolte
Fleurs de sureau et de ronce en mai-juin, sommités de reine-des-prés en juin-juillet, jeunes feuilles d’ortie au printemps et en fin d’été, thym et romarin toute l’année, laurier toute l’année
Goût
Floral et miellé (sureau), légèrement amer et vanillé (reine-des-prés), astringent (ronce), résineux et camphré (thym, romarin), balsamique (laurier), végétal et minéral (ortie)
Ce qu’on leur prête
Sureau noir : l’herboristerie traditionnelle emploie ses fleurs en infusion lors des coups de froid de l’hiver, pour leur réputation d’aider à transpirer.
Oignon : la tradition populaire lui prête, en macération froide, un rôle de compagnon des refroidissements et du confort de la sphère ORL.
Reine-des-prés : réputée en herboristerie pour le confort des articulations et des petites douleurs du quotidien, en raison de ses dérivés salicylés.
Ronce à mûres : ses feuilles, très astringentes, sont traditionnellement employées en infusion forte ou en gargarisme pour apaiser une gorge irritée ; on utilisait aussi ses boutons floraux dans le même esprit.
Thym et serpolet : classiques des tisanes d’hiver, on les emploie traditionnellement en cas d’encombrement des voies respiratoires et de toux d’irritation ; l’herboristerie ancienne leur prêtait aussi un intérêt pour le confort de la sphère urinaire et un usage vermifuge.
Romarin : associé au thym dans les tisanes réputées « chasse-microbes », il est aussi conseillé par la naturopathie comme plante tonique et stimulante.
Laurier-sauce : les herboristes le conseillent après un repas copieux, pour le confort digestif et les sensations de ballonnement ; la tradition lui prête aussi d’apaiser les maux de tête qui suivent un repas trop lourd.
Ortie : la naturopathie en fait une plante reminéralisante de fond, réputée soutenir le tonus général et le confort du dos et des articulations.
Les fleurs de sureau séchées, base des tisanes d’hiver
Comment l’employer
En infusion
Fleurs de sureau : une cuillère à soupe de fleurs séchées dans une tasse d’eau bouillante, 10 minutes à couvert, puis filtrer. On la boit chaude, traditionnellement le soir, avant de se glisser sous une couette.
Reine-des-prés : une cuillère à soupe de sommités fleuries dans une tasse d’eau chaude mais non bouillante, 10 minutes. L’eau trop chaude altère ses principes : c’est le détail qui change tout. Les sommités et feuilles fraîches donnent la tisane la plus parfumée.
Thym et romarin : une pincée de feuilles de chaque au fond d’une tasse, eau bouillante, 10 minutes à couvert, puis filtrer. Compter environ 20 à 25 g de feuilles de thym ou de serpolet par litre pour une tisane plus franche, à raison d’une à deux tasses dans la journée.
Feuilles de ronce : infusion forte, environ 60 g de feuilles par litre d’eau, un quart d’heure d’infusion ; une tasse avant les repas. Variante douce : 6 à 7 boutons de fleurs de ronce infusés dans une tasse, à boire lentement.
En décoction
Laurier-sauce : 3 feuilles sèches dans une tasse d’eau, portées à frémissement quelques minutes, puis laissées couvertes hors du feu. À boire après le repas. On ne dépasse pas cette quantité de feuilles.
Ortie : feuilles hachées mises à bouillir dans l’eau quelques minutes, filtrées, bues tièdes dans la journée. La naturopathie l’envisage comme une boisson de fond, sur des périodes courtes plutôt qu’en continu.
En macération à froid
Oignon : deux oignons coupés en petits morceaux, couverts d’un demi-litre d’eau froide, laissés macérer une nuit. Le demi-litre se répartit en trois prises : milieu de matinée, après-midi, avant le coucher. Le goût est franc : une rondelle de citron le rend plus buvable.
En gargarisme et en cuisine
L’infusion forte de feuilles de ronce, refroidie et bien filtrée, s’utilisé aussi en gargarisme, sans être avalée.
Le laurier et le thym gardent toute leur place dans le bouillon, les légumineuses et les plats mijotés : c’est la façon la plus simple et la plus quotidienne d’en profiter.
Les jeunes pousses d’ortie se cuisinent en soupe, en tarte ou en purée, toujours cuites, ce qui supprime le pouvoir urticant.
Reine-des-prés : sommités fleuries à infuser dans une eau non bouillante
Les trois préparations, en un coup d’œil
Forme
Préparation
Plantes et usage courant
Infusion
Eau bouillante versée sur la plante, 10 à 15 minutes à couvert ; eau seulement chaude pour la reine-des-prés
Fleurs de sureau, sommités de reine-des-prés, feuilles de thym et de romarin, feuilles et boutons de ronce
Décoction
Plante mise dans l’eau froide, portée à frémissement quelques minutes, puis couverte hors du feu
Feuilles sèches de laurier (3 par tasse), feuilles d’ortie hachées
Macération à froid
Plante laissée dans l’eau froide une nuit, puis filtrée
Oignon coupé (deux oignons pour un demi-litre), à répartir en trois prises
Gargarisme
Infusion forte refroidie et filtrée, gardée en bouche puis recrachée
Feuilles de ronce, pour apaiser une gorge irritée selon l’usage traditionnel
L’astuce à retenir : infusez toujours à couvert et filtrez au dernier moment — c’est ce qui garde le parfum et les principes volatils dans la tasse plutôt que dans l’air de la cuisine.
Quelle est la différence entre une infusion, une décoction et une macération ?
Dans l’infusion, on verse l’eau bouillante sur la plante et on laisse reposer une dizaine de minutes : c’est la méthode des fleurs et des feuilles fines. Dans la décoction, la plante cuit quelques minutes dans l’eau, ce qui convient aux feuilles coriaces comme celles du laurier. Dans la macération, la plante séjourne une nuit dans l’eau froide, comme l’oignon coupé en morceaux.
Combien de temps se conserve une tisane préparée ?
Une tisane filtrée et versée dans une bouteille isotherme se garde toute la journée, ce qui évite de rallumer la bouilloire à chaque tasse. Au-delà de vingt-quatre heures, on la jette plutôt que de la réchauffer. Les plantes sèches, elles, se conservent environ un an en bocal opaque et bien fermé.
Peut-on mélanger plusieurs plantes dans la même tasse ?
Oui, c’est un usage courant en herboristerie : thym et romarin s’associent volontiers, tout comme ortie et reine-des-prés. Restez sur deux ou trois plantes à la fois, avec la même quantité totale que pour une plante seule. Attention toutefois à respecter les températures : la reine-des-prés demande une eau chaude et non bouillante.
Quand récolter les fleurs de sureau et les sommités de reine-des-prés ?
Les fleurs de sureau se cueillent en mai-juin, par temps sec, dès qu’elles sont bien ouvertes, puis sèchent rapidement à l’ombre. Les sommités fleuries de reine-des-prés se récoltent en juin-juillet, au début de la floraison, et donnent la tisane la plus parfumée utilisées fraîches. Le thym, le romarin et le laurier se prélèvent toute l’année au jardin.
Ces tisanes conviennent-elles aux enfants et aux femmes enceintes ?
Non, pas sans avis d’un professionnel de santé. La grossesse, l’allaitement et le jeune âge demandent une prudence particulière, notamment avec la reine-des-prés, riche en dérivés salicylés, et l’ortie prise de façon prolongée. En cas de traitement en cours, parlez-en aussi à votre médecin ou à votre pharmacien.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
🌿 Cet article vous a plu ?
Jardin, animaux, recettes, nature & bien-être — chaque jour une nouvelle inspiration sur nos réseaux.
Suivez-nous
Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.