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Le jeûne : histoire, formes et usages traditionnels

JEÛNE definition principe

Pratiqué depuis des millénaires, le jeûne désigne l’abstention volontaire d’aliments, totale ou partielle, sur une durée choisie. Cette fiche rassemble ce que les traditions religieuses en ont fait, les formes qu’il prend aujourd’hui en naturopathie, la façon dont on prépare son organisme, ce que l’on boit pendant, comment on reprend après — et surtout dans quels cas il ne s’improvise pas.

Nature de la pratique Abstention volontaire, totale ou partielle, d’aliments solides et/ou liquides
Origines Antiquité, traditions religieuses (juive, chrétienne, orthodoxe, musulmane, bouddhiste)
Formes courantes Jeûne intermittent, jeûne partiel (cure), jeûne hydrique, jeûne total
Boissons habituelles Eau, tisanes, bouillons de légumes non salés, jus de fruits et de légumes frais
Durée d’usage Variable selon les personnes ; les formes courtes et intermittentes sont les plus pratiquées au début
Moment propice Période calme, sans charge physique ni professionnelle intense
Encadrement Bilan de santé préalable et suivi par un professionnel de santé ou un centre spécialisé
Ressenti rapporté Faim les premiers jours, puis sensation de légèreté décrite par les jeûneurs

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Le jeûne dans les traditions

Dans l’Antiquité, le jeûne relevait d’une quête de spiritualité autant que d’une recherche de mieux-être. Les adeptes du jeûne, quelle que soit leur obédience religieuse (juive, orthodoxe, musulmane ou catholique), y voyaient une forme d’auto-guérison par la détoxication de l’organisme, mais aussi un moyen de se rapprocher de Dieu, de reconnaître leurs péchés, de les confesser et de s’en libérer, et enfin de se purifier.

  • Tradition chrétienne : la Bible présente le jeûne comme un recours pour implorer le pardon divin lors d’une calamité ou d’une crise.
  • Ministère de Jésus : celui-ci invite à jeûner pour éviter la tentation de l’hypocrisie et l’orgueil, sans pour autant chercher la gloire.
  • Chez les catholiques : un jeûne observé le mercredi et le vendredi, en mémoire de la trahison et de la crucifixion, devenu ensuite jeûne de purification puis carême.
  • Chez les bouddhistes : contrairement à l’abstinence prônée par la plupart des religions, le jeûne bouddhiste impose le respect du précepte selon lequel il est interdit de détruire toute existence, aussi petite soit-elle.
  • Retraite des moines : ce jeûne débute avec la saison des pluies, s’étend sur trois mois et retient les moines au monastère, afin de ne pas porter atteinte aux vies qui éclosent alors.
  • Dans l’islam : quatrième pilier et devoir du croyant, il proscrit du lever au coucher du soleil nourriture, boisson, tabac et rapports sexuels, dans une intention de recueillement, de purification et de partage avec les nécessiteux.
jeûne
Pendant le jeûne, eau, tisanes et bouillons non salés

Ce qu’on lui prête

  • Les traditions religieuses y voyaient une purification du corps autant que de l’esprit.
  • En naturopathie, on lui prête un rôle de mise au repos de l’appareil digestif après des périodes d’alimentation riche.
  • Les tenants de la pratique parlent d’élimination des toxines accumulées et de « régénération » de l’organisme : c’est le vocabulaire historique de l’hygiénisme, non celui de la médecine.
  • Certains nutritionnistes favorables au jeûne évoquent une harmonisation de l’humeur et un regain de vitalité rapportés par les jeûneurs.
  • Les personnes qui le pratiquent décrivent fréquemment, après les premiers jours, une sensation de calme et de plénitude.
  • Il est aussi réputé, dans les approches naturopathiques, aider à réviser ses habitudes alimentaires et à retrouver le goût des aliments simples.

Sur ce registre d’usages traditionnels, voir aussi la fiche consacrée aux plantes et au diabète.

Les formes de jeûne comparées

Forme Ce qu’on consomme Usage courant
Jeûne intermittent Alternance de plages sans aliments et de repas normaux ; eau et tisanes à volonté La forme la plus pratiquée pour débuter, la plus compatible avec une vie active
Jeûne partiel (cure) Jus de fruits et de légumes, céréales et pousses, infusions, bouillons, suppléments Alimentation allégée et adaptée aux besoins du jeûneur, sur quelques jours
Jeûne hydrique Eau, jus de légumes et de fruits frais, tisanes, bouillons non salés Repose sur une hydratation abondante et régulière tout au long de la journée
Jeûne total Eau uniquement Repos complet indispensable ; réservé à un cadre encadré, jamais improvisé seul

Comment l’employer

Le jeûne se prépare, se déroule et se termine : ce sont trois temps distincts, et le dernier est aussi important que les deux autres.

Avant : préparer l’organisme. Il est impératif de préparer son organisme au jeûne afin de lui éviter de nombreux symptômes secondaires (fatigue musculaire, maux de tête, nausées…). Bien débuter renforce la motivation nécessaire au bon déroulement.

  • Calculer son IMC (indice de masse corporelle) pour partir d’un point de repère objectif.
  • Faire vérifier son état de santé général par son médecin, de préférence par un bilan de santé, en particulier pour les personnes sous traitement médical.
  • Réduire progressivement les quantités d’aliments sur plusieurs jours : cela permet d’éviter les maux de tête, les insomnies, les nausées, les douleurs musculaires et les vertiges qui surviennent momentanément en cas de changement brusque d’alimentation.
  • Alléger d’abord les graisses cuites, les plats riches, l’alcool, le café et le sucre, puis les protéines animales.
  • Définir l’objectif à atteindre et s’en donner les moyens : durée, forme choisie, période dégagée dans l’agenda.

Pendant : les boissons du jeûne. Les premiers jours, l’usage est de remplacer les repas solides par des liquides, en petites prises réparties dans la journée plutôt qu’en une fois.

  • Eau : à température ambiante, régulièrement, par petits verres tout au long de la journée.
  • Tisanes : une cuillère à café de plante sèche par tasse, 5 à 10 minutes d’infusion sous couvercle ; deux à quatre tasses dans la journée, sans sucre.
  • Bouillons de légumes non salés : un bol tiède le soir, c’est le liquide le plus rassasiant et le plus apprécié en fin de journée.
  • Jus de fruits et de légumes frais : un petit verre dilué de moitié à l’eau, le matin, pour adoucir la transition.
  • Repos : pas de sport intense, pas de longue exposition au soleil, sieste autorisée.

Après : la reprise alimentaire progressive. C’est l’étape que l’on bâcle le plus souvent, et celle qui se paie le plus vite.

  • Commencer par des fruits frais de saison, bien mûrs, en petite quantité.
  • Ajouter les jours suivants des crudités finement râpées, puis du pain complet en quantité limitée.
  • Introduire ensuite des aliments non gras comme le poisson, toujours en quantité contrôlée.
  • Mâcher longuement, manger lentement, s’arrêter avant la satiété.
  • Viser ensuite une alimentation équilibrée durable, qui évite la reprise de poids en accordéon.

Durée. Elle varie selon les besoins de chacun et doit s’adapter au rythme de la personne. Les formes courtes et intermittentes sont les plus indiquées pour débuter ; il est recommandé de se rapprocher de centres spécialisés capables de guider et de suivre le jeûneur pendant toute la période. Votre médecin pourra également vous orienter sur la forme la mieux adaptée à votre organisme, à votre activité et à votre vie quotidienne, ainsi que sur sa durée.

Questions fréquentes

L’astuce à retenir : allégez progressivement les repas deux à trois jours avant de commencer, c’est ce qui évite la plupart des maux de tête et des vertiges du premier jour.

Faut-il préparer son organisme avant de jeûner ?

Oui, c’est indispensable. Réduire progressivement les quantités sur plusieurs jours permet d’éviter les maux de tête, les insomnies, les nausées, les douleurs musculaires et les vertiges liés à un changement brusque d’alimentation. On commence par écarter les plats riches, l’alcool, le café et le sucre. Un bilan de santé préalable est recommandé, surtout sous traitement.

Quelles boissons peut-on prendre pendant un jeûne ?

L’eau en premier lieu, par petits verres tout au long de la journée. S’y ajoutent selon la forme choisie les tisanes sans sucre, les bouillons de légumes non salés et les jus de fruits ou de légumes frais dilués à l’eau. Le bol de bouillon tiède du soir est le plus apprécié des jeûneurs.

Combien de temps jeûner quand on débute ?

La durée varie selon les besoins de chacun et doit s’adapter à son rythme. Le jeûne intermittent est la forme la plus indiquée pour commencer. Au-delà, il est recommandé de se rapprocher d’un centre spécialisé capable d’assurer un suivi, et de demander à son médecin quelle durée convient à son organisme et à son activité.

Comment reprendre l’alimentation après un jeûne ?

Progressivement, sur plusieurs jours. On commence par des fruits frais de saison, puis on ajoute des crudités, du pain complet en quantité limitée, et ensuite seulement des aliments non gras comme le poisson, toujours en quantité contrôlée. L’objectif est ensuite de tenir une alimentation équilibrée pour éviter la reprise de poids.

Qui ne devrait pas jeûner sans avis médical ?

Les femmes enceintes et allaitantes, les enfants et adolescents, les personnes âgées ou dénutries, celles ayant des antécédents de troubles du comportement alimentaire. Les personnes souffrant de diabète, d’insuffisance rénale, de troubles cardiaques ou d’un cancer ne doivent jeûner que sous surveillance médicale, de même que toute personne sous traitement.

À lire aussi :

Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.


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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.

Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.